samedi 14 août 2010

Je t'aime (ah bon?)

JB, qui a traduit tout à l'heure une phrase où il n'est pas écrit "je t'aime" mais le lecteur le comprend forcément, traduit à présent le mot "trépidations".
Et JB, qui pourtant est une brèle en maths… (il avait eu avec son prof de term' l'échange suivant: "Le Prof: Aaah… Monsieur C. Qu'est-ce que je vais vous mettre comme appréciation? Mauvais résultats? JB: Oui, mais je fais des efforts… [Effronté, en plus, le JB.] Le prof: Vous préférez peut-être 'Veut mais peut peu' ??" Et depuis, JB s'est approprié cette phrase, “veut mais peut peu”, qu'il place dès qu'il peut et ça il le veut.)

… Et JB, donc, qui est pourtant une brèle en maths, pose l'équation suivante:
Je t'aime + trépidations = ???
Personne a trouvé?
Ben alors, mes petits amis?
Allez…
Moi non plus + Harley Davidson = ???
Toujours rien?
Allez…
(Brigitte + Jane) + Bardot = ???
Mais Serge Gainsbourg, voyons !!!
Je t'aime comme partie de la chanson Je t'aime, moi non plus. Trépidations comme mot présent dans les paroles de Harley Davidson. La seconde chanson entonnée par Brigitte Bardot, la première composée pour elle mais éternisée par Jane Birkin.

Et on voulait intégrer la vidéo de Harley Davidson sur ce blog tatoué et fumeur, or, qu'est-ce qu'on lit:


Mais rien que l'idée de voir le faciès de facho de la Bardot sur ce blog tatoué et fumeur nous fait déjà perdre cinq dioptries aux deux yeux. Il suffit pour s'en persuader de faire une capture d'écran et on comprend instantanément:


Si là elle a pas l'air niaise et si là on lui reconnaît pas sa désormais légendaire nigauderie…
Mais bon. Ne perdons pas de la salive inutilement.

Là où on voulait en venir.
Primo.
Je t'aime, moi non plus a été sujet à X centaines de reprises (allmusic.com ne prend pas soin de les compter). Les artistes reggae s'y sont eux aussi collés. À commencer par l'immmmense Harry J. All Stars, entré dans le panthéon ska et reggae grâce à son immmmarcescible Liquidator. Fin 1969 (et JB s'apprête à naître), sur l'album homonyme, il est le premier à interpréter le morceau sur cet orgue Hammond qui a fait sa célébrité. On écoute. Ça s'appelle Je t'aime, et là il n'est plus question de ne pas aimer en retour.



C'est early reggae à fond et on note l'impro sur les 45 dernières secondes.
L'année d'après, en 1970, c'est le repreneur en chef qu'est Byron Lee qui s'y colle. Ça s'appelle cette fois Love at First Sight et c'est pile poil comme ce qu'a fait Harry Johnson avec ses All Stars. On oublie pas de regarder la pochette du dikse qui présente une nana à moitié à poil - l'expression est voulue -, c'est l'époque qui veut ça: quasiment tous les disques de reggae de cette fin de décennie 1960 et début 1970 prendront un malin plaisir à reproduire des filles photographiées dans des positions toutes plus lascives les unes que les autres, et ça nous montre à quel point ce milieu est à l'époque phallocrate (pour cette fois employer un terme raccord avec l'époque).



On continue dans la machocratie avec Brentford Road All Stars qui, la même année de 1970, propose lui aussi sa version, également intitulée Love at First Sight. On remarque d'entrée de jeu l'illustration à la vidéo qui, dans le genre et rapport à ce qu'on disait supra, est é-lo-quente. Et le morceau? D'anthologie. Cette fois, ça parle. Ou plutôt: ça couine, ca gémit et ça geint du début jusqu'à la fin. À tel point qu'on finit par pisser de rire tellement c'est limite ridicule d'exagération. On se paye tout de même une bonne tranche de rire et on se repaît des improbables accords de flûte traversière (bonjour, G!).



Alors, c'est pas grand?

Toujours aussi grand, la reprise en 1975 de Judge Dread.
Qu'en dit le Wikipédia allemand?


Je traduis: "(…) tantôt en version parodique et rigolarde, comme chez Judge Dread dans un style reggae avec des jacasseries banales (…)"
Des "jacasseries banales"?
Vraiment?
On écoute.



Nous, ce morceau, on le trouve ab-so-lu-ment génial.
Justement parce qu'il commence comme un morceau hyper phallocrate. Puis Judge Dread se fout de sa propre gueule et de la skinheaditude par la même occasion quand il dit: "Those bloody boots are killing me!" Car quel est le skinhead qui, au moment de se déshabiller pour passer aux choses sérieuses, ne s'est pas emmêlé les pinceaux dans ses interminables lacets qui, évidemment au moment crucial, refusaient de se défaire?
Et il y est enfin arrivé quand, tadah… surprise… la fille lui dit: "Touch this!"
Eh ouais, la fille est un mec. Un trav.
Le mec hyper burné qu'était censé être Judge Dread se dégonfle comme un ballon de baudruche et est pris à son propre jeu. Voire, quand il a des propos discriminatoires, on lui dit: "Hey, this is 1975!" Genre: hé, coco, réveille-toi, mets-toi un peu à la page. Et si ledit Judge Dread finit quand même par éconduire le trav, il se trouve quand même Gros-Jean comme devant, lui qui, pour le coup et contrairement à ces collègues de 1969 et 1970, n'a pas omis la deuxième partie du titre: "Moi non plus".

Aucun commentaire: